Courir avec son chien : pour qui et comment faire ?

Parmi les différentes activités qu’il est possible de faire avec son chien, courir semble être un bon moyen de le faire se dépenser tout en vous permettant de pratiquer une activité physique. Il existe différentes...
Léa Baudouin
Vétérinaire en activité depuis 14 ans à Paris
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Parmi les différentes activités qu’il est possible de faire avec son chien, courir semble être un bon moyen de le faire se dépenser tout en vous permettant de pratiquer une activité physique. Il existe différentes façons de courir avec son chien que ce soit lors d’une simple promenade de loisir ou en pratiquant le canicross, un sport très apprécié par certains propriétaires.

Tous les chiens ne peuvent pas pratiquer la course avec la même intensité

Les races de chien sont diverses. Et ont chacune des caractéristiques propres qui ne correspondent pas à tous les types d'activités physiques. En effet, on remarquera par exemple que les races que l’on retrouve le plus souvent dans les épreuves de canicross sont de moyenne et de grande taille. À cela s’ajoute le type de course : certains chiens vont préférer une course rapide mais courte tandis que d’autres courront moins vite mais seront plus endurants.

On retrouvera ainsi régulièrement le Berger australien, le Border collie, les Braques parmi les chiens plutôt endurants. Tandis que l’on observera davantage de lévriers lors des courses de vitesse. Par exemple le Greyster, croisement entre lévrier Greyhound et Braque allemand, est en effet un habitué des courses de canicross. Cependant, la taille de l’animal n’est pas toujours un critère. Par exemple, on retrouvera parfois des Jack Russel ou encore des Beagles, friands de course à pied. 

À l’inverse, pour certains chiens, la course est une activité inadaptée à leurs capacités physiques. On pense par exemple aux différentes races de Brachycéphales, ces chiens au crâne plus large que long et à la face aplatie. En effet, ces chiens présentent souvent des problèmes respiratoires qui rendent difficiles cette pratique. Il est ainsi très important de bien se renseigner auprès d’un vétérinaire afin de savoir si un chien est apte à courir ou non. Certains chiens peuvent aller au-delà de leurs limites, il est donc important d’en être pleinement conscient. 

Remarque : La catégorie 1 (staff, pitbull…) est proscrite en canicross.

Les précautions à prendre avant de courir avec son chien

Choisir un équipement adapté

Afin de courir avec son chien en toute sérénité, il est important de choisir un équipement adapté. En effet, pendant la course, le chien va potentiellement être amené à tirer son maître vers l’avant. Pour pallier à ce phénomène, l'utilisation d'un harnais correctement ajusté plutôt qu’un collier est fortement conseillé. Celui-ci risquerait de gêner l’animal notamment sur le plan respiratoire. Il est également recommandé d’avoir une laisse spécifique au canicross. Composée d’amortisseur de chocs, elle adoucira le contact entre le chien et son maître et protégera les articulations de chacun.

Pour une pratique de la course sur de longues distances ou pendant une longue durée, on retrouve souvent l’utilisation d’une ceinture spécifique par le propriétaire à laquelle vient s’attacher la laisse du canicross. Cela permet de libérer les mains du propriétaire et de se concentrer davantage sur la course, les obstacles et sur son chien. Selon le terrain, des bottines ajustées aux pattes du chien peuvent être une bonne option. Ou l'utilisation de pommade protectrice pour limiter les blessures aux coussinets.

Protéger son chien

Courir avec son chien : les conditions physiques prérequises

Il est très important d’attendre qu’un chien soit suffisamment âgé avant de l’emmener courir de façon régulière. Effectivement, les articulations des chiots sont fragiles et en plein développement. Il est donc nécessaire que le chien ait fini sa croissance avant de l’emmener courir. Plus précisément, il est déconseillé de faire courir de façon trop régulière un chien de moins de 7 ou 8 mois pour les petites races. Pour les chiens de taille moyenne ce sera de 10 à 12 mois et pour les grandes races de 15 à 20 mois. De même, des précautions sont à prendre avec les chiens seniors. Il faut aller à leur rythme et réduire la durée des courses avec l’âge, même chez des chiens habitués à cette activité. 

Pour un chien très sportif, il faut prévoir au minimum deux jours de repos dans la semaine et ne pas faire plus de quatre journées de course consécutives. Pour un chien qui débute en sport, courir un jour sur deux est déjà très bien. Il ne faut pas l’épuiser. Chaque chien réagit différemment à l’effort, tout est donc question d’observation.

Avant de se lancer dans la course avec son chien, il est également important de bien le protéger des infections, notamment le traiter contre les puces et tiques avant de courir en forêt. Par exemple, il est recommandé d’éviter de courir au crépuscule ou après le coucher du soleil dans le Sud et les autres régions infestées par le phlébotome. Cet insecte actif la nuit est responsable de la leishmaniose chez les chiens.

Signes de fatigue & conditions de course

En ce qui concerne l’état physique du chien, il va falloir y être attentif lors de la course. Voilà quelques exemples de signes de fatigue que peut émettre le chien : il peut se coucher, haleter, peiner à calmer sa respiration et son rythme cardiaque après la phase de récupération ou traîner les pattes et garde les oreilles baissées. Il faut également faire attention aux conditions météorologiques. Par exemple lors de températures élevées, il existe un risque de déshydratation pour l’animal. Dans ce cas une gamelle lui permettant de boire régulièrement est à prévoir. Aussi, courir en hiver peut s’avérer éprouvant pour les races plus sensibles au froid. Il faut ajouter à cela que, de même que pour les propriétaires, il est préférable pour les chiens de courir sur un sol souple. 

L'alimentation du chien

L’alimentation joue aussi un rôle important si l’on veut que la course avec le chien se passe dans les meilleures conditions possibles. Ainsi, afin d’éviter un retournement d’estomac (plus fréquent chez les chiens à thorax profond), il ne faut pas faire courir un chien dans les deux heures suivant son repas. Si cette activité est régulière, il faut également penser à adapter l’alimentation du chien. Notamment pour qu’elle contienne suffisamment de protéines et de calcium. Dans le cas d'une telle activité, consultez votre vétérinaire pour adapter les rations de votre animal. Il saura vous conseiller sur les doses à choisir pour éviter un sous ou un surdosage.

Apprendre à courir avec son chien

Le travail en amont de la course

D’un point de vue plus pratique et avant de se lancer dans l’apprentissage de la course avec son chien, il est impératif de veiller à ce qu’il ait un bon comportement. Tant avec ses congénères qu’avec son propriétaire. Vous pouvez également lui apprendre à obéir à certains ordres comme les directions (droite, gauche, devant, etc.), le stop et autres. Vous pouvez initier cette préparation seul, au sein d’un club d’apprentissage ou avec un éducateur canin.

Sur le plan psychologique, l’animal peut parfois être effrayé par certaines choses ou personnes. Afin de pallier cela, il faut le désensibiliser progressivement. Commencer par des zones peu fréquentées s’il ne s’entend pas avec ses congénères, habituez-le à la forêt ou à l’eau s’il en a peur, etc. D'autre part, si vous remarquez des progrès, n'oubliez pas de récompenser votre animal.

Les astuces pour courir avec son chien

Si l’on se focalise maintenant sur l’aspect comportemental du chien vis-à-vis de la course avec le propriétaire, des petites astuces sont à connaître : 

  • Certains chiens sautent sur leurs propriétaires pendant la course. Comme tout comportement que vous voulez faire cesser, il faut être ferme et utiliser des ordres clairs : « non », « laisse ». Dans cette situation en particulier, il peut être judicieux de ralentir. Voire de s’arrêter puis reprendre progressivement la course tant que le chien ne saute plus. Et ce tant qu’il recommence. Il finira par comprendre que ce comportement n’est pas le bon. Une autre méthode peut être de le faire se dépenser en liberté avant la course.

  • D’autres chiens ont tendance à souvent changer de direction. Alertés par des odeurs, des bruits ou des congénères, ils se laissent guider par leurs instincts. À nouveau, il faut être calme mais ferme, car la situation peut être dangereuse. En effet, ce type de comportement peut entraîner des chutes, des collisions avec un vélo ou avec une personne par exemple. Maintenir une courte distance entre le chien et le propriétaire par le biais de la laisse peut être une méthode intéressante. Encore une fois, l’encouragement lorsque le comportement est le bon est absolument essentiel. Tant pour la compréhension de l’animal que pour sa mise en confiance.

  • Enfin, certains chiens sont peu motivés par la course. Il faut alors trouver des sources de motivation. Ce peut être des friandises, des caresses, des jeux ou l'utilisation d’un congénère expérimenté. Si cela ne fonctionne pas, c’est peut-être tout simplement que ce sport ne convient pas à votre chien. Il ne faut donc pas l’y forcer.

Conclusion

En conclusion, il est important de retenir que courir avec son chien est avant tout un loisir. Il ne faut pas le forcer mais faire en sorte que tout se passe dans de bonnes conditions. Et ce grâce à : un bon matériel, une alimentation et un environnement adaptés, un maître compréhensif, calme et ferme. Un suivi vétérinaire régulier est également nécessaire pour ce type d'activité intense.

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